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04 août 2007

cours toujours !

Depuis bientôt trois ans, je travaille d'arrache-pied au développement de ma petite start-up. C'est ma raison de vivre, mon sacerdoce. J'ai pris le partie de ne pas en parler ici. Ca me force à me demander à chaque fois "voyons voir, qu'est-ce qui a bien pu m'arriver récemment A PART le boulot ?!".
Cette entreprise me bouffe ma vie et me consume émotionellement. Alors il m'arrive de réfléchir à ma condition, à ma vie. Que dois-je faire demain ?

Tout a commencé à l'automne 2004. Je rentre d'Allemagne pour aller chez papa maman à la campagne! Pas de temps à perdre à se poser trop de questions, je ressens l'urgence à chaque seconde qui passe. Je ne sors de ma chambre que pour aller manger avec mes parents. J'ai tellement de choses à faire ! Analyse concurrentielle, veille technologique, business model, recherche techno, développment d'un prototype, participation à des concours de création d'entreprise, salons divers, recherche d'associés, etc... J'ignore tout de ce qui m'attend, mais je sais une chose : je VAIS réussir, il le faut ! Je dirais que c'est un peu comme si un matin tu te mettais à courir sans savoir vraiment pour combien de temps ni pour aller où. Tu sais juste qu'en aucun cas il faut s'arrêter et que tu auras bien le temps d'apprendre en cours de route tout ce que tu ignores en partant. Alors j'ai couru à fond et seul pendant les premiers 6 mois. Maintenant cela fait presque 3 ans que ça dure. Déjà 3 ans, t'imagines ? Qu'ai-je fait de ces 3 ans de ma vie ? N'y avait-il pas des personnes sur le bord de la route qui méritaient que je m'attarde un peu ? Je ne les ai pas vues, trop concentré que j'étais sur la course. Pourtant cela ne nous a pas empéché de nous tromper de chemin plusieurs fois et de patauger dans la gadoue. J'en étais désespéré. Et puis un jour tu relèves la tête et tu vois 15-20 personnes qui courent à tes côtés ! un peu comme dans Forrest Gump ;) Moi qui croyais initialement que créer une entreprise était un défi personnel...
Lorsqu'on se retrouve tous ensemble pour boire un verre, il m'arrive de les observer en silence. J'écoute leurs éclats de rire, j'observe leurs sourires. Ca me réchauffe le coeur et j'en ai tellement besoin ! Quels que soient leurs motivations, quoiqu'ils pensent réellement de moi, je suis content qu'ils soient là.
Et s'il me venait l'envie d'arrêter de courir ? Qu'adviendrait-il de tous ceux qui courent avec moi ? Moi qui recherchait la liberté en créant ma propre boite, qu'en est t'il vraiment aujourd'hui ?
Bien loin est le défi personnel, le désir d'entreprendre. Alors que dois-je faire faire demain ?

Aujourd'hui j'ai mal et je suis fatigué, mais demain... je courrai bien sûr. Je courrai par devoir envers tous ceux qui m'ont fait l'honneur de m'accompagner jusqu'ici. Et puis, j'aperçois au loin cette colline verdoyante. Tu vois là-bas ? Elle cache peut-être notre prochaine destination ?!

25 novembre 2006

la ville, l'amour, la mort et moi : tout un programme :)

Moi : Voici une citation que j'aime beaucoup : "Le contraire de l'amour, ce n'est pas la haine, mais l'indifférence" (Patricia Bourrié).
Toi : comment il se la pète l'autre ??
Moi : c'est vrai, je l'aime beaucoup ! Bon laisse-moi finir. Dans le même genre, on pourrait aussi dire "le contraire de la vie, ce n'est pas la mort, mais le néant" (Le Geek Masqué :)). C'est vrai, la mort fait partie intégrante de la vie. Tous les biologistes vous le diront. La reproduction (donc le brassage génétique), mais aussi la mort des individus sont essentielles à la survie de l'espèce.
Toi : c'est quoi le point ?
Moi : Et bien, je voulais te parler aujourd'hui d'un livre qui ne m'a pas laissé indifférent. En effet, c'est le livre que j'ai le plus DETESTER de ma LIFE!! Il s'agit de "l'emploi du temps" de Michel Butor. En gros, c'est l'histoire d'un mec qui part habiter en angleterre, dans une ville glauque, où il pleut tout le temps, où il fait toujours nuit, où la ville est bruyante. Au bout des 50 premières pages de souffrance, on se dit qu'enfin l'histoire va peut-être pouvoir commencer. On cherche les traces, oui, peut-être, il y a peut-etre une histoire d'amour qui se profile, avec cette fille qu'il vient de rencontrer ? Non ? Peut-être une intrigue policlière (là on en est à la page 250...) ? Ah il rentre en france dégoûté après un an de lose ? Fin du livre. Certes, tu me diras que je suis passé à côté de la critique vibrante de l'auteur sur la ville oppressante d'aujourd'hui, sur notre train train quotidien, etc... Peut-être qu'il n'était pas nécessaire d'en faire un livre et SURTOUT de l'imposer à toute une classe d'âge d'étudiants innocents ? Hein ? ;)
Toi : et le rapport avec la choucroute ?
Moi : En fait, je repensais à ce livre récemment parce que depuis que j'écris ce blog, je me projette un peu dans la peau de Michel Butor. Si j'écris ce blog, c'est avant tout pour me révéler tel quel, sans retenue. J'avais dans l'idée de te parler de mes doutes, mes espoirs, mes instants de bonheur, etc... bref, tout ce qui me définit au plus profond de moi-même. Et voilà que, au lieu de ça, je ne raconte que des trucs qui me passent par la tête ! Alors, j'émets le même souhait que Michel Butor dans l'emploi du temps, qu'à travers mes bafouilles, on arrive à discerner non pas la critique de la ville, mais les traits de l'homme qui se cache derrière, et que ce portrait s'afine de mois en mois de tel sorte que l'inconnu qui écrit ces lignes n'en soit plus un !

G, songeur

P.S. cette fois, j'ai écrit le titre du post à la fin. On progresse, on progresse :D